Retour vers les couleurs opalines, le vent, les nuages qui roulent, la pluie, bientôt peut-être.

Laisser derrière soi, pour le moment, les bleus turquoise, outre mer, le vert émeraude, la terre chaude et rouge, les parfums de genevrier.

Se sentir déconcertée, ne plus savoir où l'on est.

La Sardaigne m'a imprégnée, saisie dans ses bras millénaires, a remué mes racines du Sud, celles enfouies soigneusement, qui m'ont sauté au visage, ravies d'être exhumées.

Alors je suis déconcertée, comme orpheline à nouveau et je regarde rouler les nuages sous le vent chahuteur.

Je demande à la Baie de me réenchanter, je demande à la voile et au vent de me tirer vers le large.

Je cherche l'oubli mais ne le trouve plus.

 Je le crois...

Mais déjà les rondes et les cris d'hirondelles me réjouissent, la marée tiède recouvre mes pieds, les coquillages chatouillent.

Les spatules blanches ont déniché un nouveau territoire de nourriture car la canicule a baissé le niveau d'eau des marais, leurs becs "en spatule" balaient l'eau vivement de droite à gauche.

Je retrouve le fromager, la garagiste, l'accent anglais qui s'enquiert des promenandes en bateau; je fais mon petit tour pour les saluer tous.

J'apprends que j'ai une commande de photophores-fleurs, et une autre de mobiles pour leurs chambres d'hôtes, ça me fait plaisir.

La tourterelle s'est trompée et a failli entrer par la fenêtre ouverte sur la Baie.

J'atteris.

La pluie, doucement, coule sur l'herbe jaunie par le soleil.

Je vous souhaite un bel été, où que vous soyez.

 

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