Effectivement, toute la semaine, comme chacun de nous, je côtoie "les autres" sous toutes leurs formes et tous comportements.

Dans une région parisienne ( car je ne vis pas toute l'année en Baie de Somme) que je trouve "saturée" . J' y ai  de temps en temps, une activité professionnelle indépendante qui nécessite de nombreux et lointains déplacements en transports en commun de tous poils si j'ose dire

Cela me met en contact avec une foule d'émotions et de réactions que je ne vais pas vous citer sous peine de vous ennuyer et vous faire bailler ou encore vous heurter ;

ce que j'applique souvent c'est le "contrôle" c'est à dire que je respire, je me concentre sur le bout du voyage, que ça ne va pas durer etc... mais la dominante est le contrôle donc je suis à peine en contact avec ce qui affleure en émotions.

Hier, partie très tôt alors qu'il faisait encore nuit, je me suis laissée surprendre brutalement par une montée d'émotions liées surtout à la peur de l'autre (les hommes puisqu'il n'y avait majoritairement que des hommes), quasiment une terreur de ces hommes en groupe dans les transports ;

impossible à contrôler avec la respiration ou autre, cette terreur.

En général ce qui arrive c'est la colère ou l'énervement mais là, montait sourdement une peur rampante qui me tétanisait, m'empêchait de respirer. La peur de l'homme en groupe et de l'homme tout court.

Et c'est pour cela que j'ai nommer ce billet ainsi " juste nommer ce qui est"

car ce qui m'est venu comme une bouée lancée du ciel c'est écrire, j'ai donc sorti mon petit carnet réceptacle et j'ai tout noté en vrac sans réfléchir, comme un flot qui ne censurait rien en tous cas pour moi 

" ne pas cacher mes peurs à moi-même, les sentir intérieurement c'est déjà ne pas les nier, reconnaitre permet de libérer de la place pour par exemple écrire ou lire"

et c'est juste qu'après avoir écrit, j'ai pu sortir mon livre , m'y plonger et ne plus regarder autour de moi, repenser à un saladier en porcelaine que je façonne pour une élève du yoga. Bref, me recentrer. En sachant pertinemment, que le magma reviendra sous cette forme ou une autre, à un autre moment.Et qu'il y aura à refaire ce travail de fileuse jusqu'à apaisement.

ce matin, le vent et le soleil doucement me chuchotaient que tout est un éternel cycle et que je peux compter sur eux pour ancrer ma présence au monde.

 

mistra 6

 

( Mistra, Péloponnèse.....pour Célestine)