j'y suis bien

08 décembre 2019

j'aime les choses en cours

 

Après avoir lu un article sur le yoga je suis allée voir les choses sécher dans le coin atelier,

l'article de Bernard Bouanchaud d'abord; il parlait du yoga comme accompagnement de l'évolution de l'humanité, au départ le yoga était méditation,

puis, il parlait du yoga actuel, et je ne sais si vous regardez les photos actuelles sur le yoga mais, pour moi qui pratique depuis des années, elles me heurtent car montrant surtout des lignes de vêtements ou de tapis, ou encore des postures essentiellement inatteignables. Bon! vous me direz après tout, chacun sa définition c'est vrai!

B.B écrit " la posture correspond à la matière; le yoga est le ralentissement de l'activité du mental, yoga chitta vritti nirodha"

Après ça, devant mes choses en grès qui sèchent doucement, j'ai senti à quel point ce que j'aime c'est tout ce chemin qui part  de la terre brute (ici du grès noir un peu chamoté) avec laquelle je commence un dialogue; qu'ai-je envie de faire? comment? avec quelle technique? vais-je tourner puis détourner ou transformer? vais-je la travailler à la plaque ? 

puis  je la laisse comme hier soir, et il me plait le matin de la toucher, la regarder, modifier des angles ou les arrondir,

je suis les étapes du séchage, la transformation de couleur de la terre, les petits grains de chamote qui commencent à affleurer, l'envie de poncer doucement

je me sens plus à l'aise avec le processus en lui-même

les étapes de cuisson finales qui figent le processus m'intéressent moins, même si elles font partie du jeu,

je ne sais pas vous dans vos domaines , aimez-vous le cheminement ?

j'aime les choses en cours.....bon dimanche

20191208_130038[1]

 

( en grès noir, séchage une nuit)

 

Posté par kapal à 13:43 - Commentaires [6] - Permalien [#]


06 décembre 2019

s'adapter encore et encore

hier, on s'est adaptée, on a été solidaire, on est tous concernés par ce qui se trame, on n'est pas dupes de ce qu'on nous dessine, ceux qui dessinent et veulent décider pour nous ne sont pas maitres de nos destins, 

hier, je suis restée travailler à la maison, émailler des pièces, et préparer des formations pour la semaine prochaine et pour ce vendredi,

aujourd'hui, on s'est adaptée à nouveau, il n'y avait aucun RER aucun bus aucun tramway , on a donc pris ses baskets son sac son parapluie et on est partie pour Paris en bénissant le fait de faire régulièrement des activités vélo ou marche qui permettent de faire ça, quand le besoin s'en fait sentir, comme aujourd'hui,

marcher et aller à Paris assurer la formation, même si l'accueil a été  peu encourageant car chacun galère pour aller gagner sa croûte comme disaient mes oncles "avant"

eux aussi ce sont battus pour de meilleures conditions, pensais-je en marchant... mais ils descendaient à la mine, avant ils avaient fait des trajets à pied dans la nuit car il n'y avait ni transport en commun, ni voiture

alors.... 

s'adapter toujours et toujours

et surtout dessiner sa vie, en partant de soi, sûrement pas à partir de ceux qui veulent nous imposer leur vision du monde

chercher encore et encore à être humain, joyeux, espérant

P1170704

( plus vaste que soi, la vie)

 

Posté par kapal à 17:26 - Commentaires [11] - Permalien [#]

28 novembre 2019

Virginia

 c'est le titre du livre d'Emmanuelle Favier , c'est un roman sur Virginia Woolf, remarquablement écrit, 

il m'accompagne actuellement en cette période de l'année où l'obscurité envahit tout,

petit passage en Baie de Somme et suivre les grandes marées et leurs coups de vent ,

quelques passages du livre; " observant ces gens apparemment heureux elle prend conscience de sa faculté d'accès à l'invisible. Ses propres failles lui permettent de distinguer en chacune de ces personnes l'enfant terrifié qu'elles dissimulent derrière leur morgue"

"le roman qui dit ce que les gens ne disent pas, qui dit les intestices de silence et les doutes"

20191128_103847[1]

 le ciel bas et lourd recouvre le village

 

Posté par kapal à 10:41 - Commentaires [8] - Permalien [#]

13 novembre 2019

les émergences

j'aime bien aller voir le sens d'un mot quand il s'impose à moi pour faire un billet

pour "émergence" qui venait à moi, il y a les mots sortie et apparition, sortie d'un liquide, d'une onde

l'idée me plait bien 

va pour émergence!

en l'occurence, pour moi, il s'agit de manifester une certaine attention lors de ma séance de yoga méditation et de saisir si quelque chose émerge, 

hier surgissait "ceci est une pensée" avec l'idée de faire un collage, ce que j'ai réalisé tout de suite après ma séance, je voulais rendre le fait que je colle trop aux pensées-émotions alors qu'il y a juste à les reconnaitre et les laisser, dans le collage réalisé je suis heureuse de constater que mon imagination a justement pris soin de "décoller" le nuage de pensées en le faisant flotter comme une baudruche

aujourd'hui, alors qu'au dessus de ma tête allongée sur le tapis, je regardais le velux donnant sur le ciel changeant, s'est imposé à moi le ciel comme impermanent avec le déroulement ininterrompu des nuages multi formes, ses nuances sans cesse modifiées, et en même temps symbole d'éternité puisque tout le temps présent

la présence et l'impermanence

ces émergences sont apaisantes et douces

20191113_180959[1]

 

( collage en découpant dans un ancien "flow")

20191106_201626[1]

 

( tillandsia, fille de l'air dans une de mes céramiques)

Posté par kapal à 18:20 - Commentaires [8] - Permalien [#]

02 novembre 2019

le chat - initiateur

Elle (et ses questionnements existentiels qui lui collent au train) était arrivée au parc floral suffisamment tôt pour éviter la foule qui éveille encore plus les questions existentielles...

du moins en elle, pas en chacun, heureusement!

et c'est vrai que les geais des chênes, le beau ginkgo or des pieds à la tête, les oies , l'avaient apaisée.

Et puis elle a voulu absolument entrer à Marjolaine ( un samedi après midi! 1er jour , une fort mauvaise idée! ) ; quand elle s'est vue se trainant comme une limace dans le bruit, les sacs, les caddies, et les allées humant bon le cochon bio, le chocolat bio, les frites bio etc etc stop! elle a pris ses cliques ses claques sa galette de légumes (bio) son pâté végétal dans le fond du tote bag ( bio? euh non chinois c'est écrit en petit au fond), traversé tout ça assez vivement, il faut bien le dire, et éjecté  fissa

1ère allée en face, sans un chat apparemment, vite! fuir!

Un banc, un arbre, s'asseoir. Et un chat. Svelte, blanc et noir, quelques poils blancs dans le noir et une moustache noire sous le nez. Le chat sérieux quoi.  Suivi d'un autre chat plus gros. Le svelte, appelons le " chat du R....n "( euh non c'est déjà pris je vais avoir des problèmes), "le chat svelte" donc, vient vers elle, tourne un peu, s'approche de plus en plus près et ho! petit bond sur le banc, petit coup d'oeil, et re-bond....sur elle qui n'en croit pas ses yeux, 

il se niche, se love dans le creux du manteau, cherche la main gauche ( la droite est occupée à écrire sur le petit carnet les impressions du jour et le chat respecte le cahier, il y donne d'ailleurs de petits coups de langue rapeuse)  , cale son museau dans la main gauche, grignote les grains du bracelet, et puis ferme les yeux et ne bouge plus du tout. Elle non plus, toute au cadeau que lui fait le chat, de sa présence; du coup, elle sent qu'elle est complètement là dans ce moment-chat, elle sent passer les gens mais ne bouge plus, ne regarde plus rien que cette boule chaude.

Le charme a été rompu, non par les 12 coups de minuit, mais par l'arrivée inopinée d'une gamelle ( non bio) ; au bruit tentateur qu'elle émettait, "le chat svelte" l'a laissée , elle, sans sourciller, sans culpabilité, sans pensée parasite. Un vrai chat, prends en de la graine!

Je vous souhaite un doux week end ( héhé! 2 billets en un week end ça se fête)

20191102_133322[1]

20191102_134034[1]

20191102_145437[1]

 

Posté par kapal à 22:54 - Commentaires [9] - Permalien [#]


31 octobre 2019

j'ai fait une expérience

j'ai fait une expérience cette semaine, fort simple, et en même temps, très unifiante.

J'ai déjà éprouvé cette énergie mêlée de joie profonde lorsque je suis immergée dans les vagues, cette chose incroyable d'être en unité avec le sable dessous, l'eau, et le ciel et les oiseaux, voire parfois la présence généreuse des phoques.

Là, ça s'est passé tranquillement parmi les arbres; en effet, j'ai repéré 2 gingko un p'tit gars et un féminin ( car il a ses fruits) et je viens considérer ses feuilles ,qui doucement , jaunissent, l'extrémité en premier. Cette avancée du jaune qui donne une espèce de transparence à la feuille dans la lumière, me met en joie et donne de l'apaisement.

La dernière fois que je me suis rendue " à l'arbre", après avoir fouiné dans les feuilles au sol, reniflé et senti une immense gratitude pour le végétal, je me suis assise sur un banc et de petits bruits, craquements, bruissements, frôlements se sont fait entendre, 

j'ai fait une expérience, de vie.

20191029_162008[1]

 

 

 

 

 

Posté par kapal à 10:36 - Commentaires [13] - Permalien [#]

17 octobre 2019

trans-former la matière

me voilà de retour avec du "plus léger" que le billet précédent....

la porcelaine a ceci d'aérien et de léger qui donne envie de la façonner de plus en plus fine pour qu'elle s'approche de l'oiseau ou de la plume,

et "en même temps" ( hum hum! n'y voyez aucune malice) la technique est là pour dire à l'imaginaire "doucement! pas d'emballement, ne pas oublier les tensions dans la terre si elle est trop fine, ou les tensions au cours des deux cuissons ou le fait que la matière réduit énormement à la cuisson!"

mais on veut toujours essayer et faire fi des recommandations sages

l'humain est ainsi, fou fou par moments

et parfois ça fonctionne, alors je vous donne à voir les pièces pour lesquelles la finesse a été possible ,

très belle journée

 

20191017_114246[1]

20191017_114137[1]

20191017_114111[1]

20191017_114103[1]

20191015_143702[1]

( broches gingko)

Posté par kapal à 12:25 - Commentaires [12] - Permalien [#]

13 octobre 2019

juste nommer ce qui est

 

Effectivement, toute la semaine, comme chacun de nous, je côtoie "les autres" sous toutes leurs formes et tous comportements.

Dans une région parisienne ( car je ne vis pas toute l'année en Baie de Somme) que je trouve "saturée" . J' y ai  de temps en temps, une activité professionnelle indépendante qui nécessite de nombreux et lointains déplacements en transports en commun de tous poils si j'ose dire

Cela me met en contact avec une foule d'émotions et de réactions que je ne vais pas vous citer sous peine de vous ennuyer et vous faire bailler ou encore vous heurter ;

ce que j'applique souvent c'est le "contrôle" c'est à dire que je respire, je me concentre sur le bout du voyage, que ça ne va pas durer etc... mais la dominante est le contrôle donc je suis à peine en contact avec ce qui affleure en émotions.

Hier, partie très tôt alors qu'il faisait encore nuit, je me suis laissée surprendre brutalement par une montée d'émotions liées surtout à la peur de l'autre (les hommes puisqu'il n'y avait majoritairement que des hommes), quasiment une terreur de ces hommes en groupe dans les transports ;

impossible à contrôler avec la respiration ou autre, cette terreur.

En général ce qui arrive c'est la colère ou l'énervement mais là, montait sourdement une peur rampante qui me tétanisait, m'empêchait de respirer. La peur de l'homme en groupe et de l'homme tout court.

Et c'est pour cela que j'ai nommer ce billet ainsi " juste nommer ce qui est"

car ce qui m'est venu comme une bouée lancée du ciel c'est écrire, j'ai donc sorti mon petit carnet réceptacle et j'ai tout noté en vrac sans réfléchir, comme un flot qui ne censurait rien en tous cas pour moi 

" ne pas cacher mes peurs à moi-même, les sentir intérieurement c'est déjà ne pas les nier, reconnaitre permet de libérer de la place pour par exemple écrire ou lire"

et c'est juste qu'après avoir écrit, j'ai pu sortir mon livre , m'y plonger et ne plus regarder autour de moi, repenser à un saladier en porcelaine que je façonne pour une élève du yoga. Bref, me recentrer. En sachant pertinemment, que le magma reviendra sous cette forme ou une autre, à un autre moment.Et qu'il y aura à refaire ce travail de fileuse jusqu'à apaisement.

ce matin, le vent et le soleil doucement me chuchotaient que tout est un éternel cycle et que je peux compter sur eux pour ancrer ma présence au monde.

 

mistra 6

 

( Mistra, Péloponnèse.....pour Célestine)

 

Posté par kapal à 13:04 - Commentaires [20] - Permalien [#]

06 octobre 2019

prendre soin

en ce moment, ce qui s'impose à moi c'est bien cela; prendre soin de moi, me considérer,

quand je suis blessée, touchée, affectée par des mots, des actes, des évènements, chercher ce qui va faire du bien du baume tout de suite afin de ne pas rester avec les miasmes des autres

ainsi, écrire ce qui s'est passé, noter ce que ça m'a fait, faire des liens avec des trucs plus enfouis qui montrent le bout de leur nez dégouttant plus ou moins, et ensuite aller vers le livre ou l'action ou le projet qui va me nourrir et m'aider à ne pas subir le marigot

pour les livres, c'est toujours "la sorcière" de Michelet que je lis doucement,

écrire tout ce qui vient à moi, c'est avoir dans la poche ce qu'il faut pour noter vite fait, même en stoppant tout sur le trottoir si c'est pregant,

et puis il y a ce retour vers la porcelaine, "après coup" c'est à dire qu'une fois tout  noté, digéré en quelque sorte, je retourne à la terre avec une idée nouvelle pour l'intérieur des bols; dernièrement, après avoir noté, fait une posture de yoga très douce et mis les mantras chantés par Lav Sharma ( DVD trouvé à Tapovan paris, lieu authentique), le motif de l'intériorité-méditation sous forme d'un visage yeux clos est arrivé

j'ai aimé qu'il vienne à moi tranquillement, s'est imposée également cette idée de façonner les bols en duo, d'y joindre une très courte poésie en lien avec le motif

et subsistent ces mots importants pour moi; prendre soin de moi me rend à ma place, vivre ma singularité et laisser les autres à l'extérieur de moi, ils sont là mais n'ont rien à m'imposer

après seulement, ancrée, je peux avoir un vrai contact avec les autres, ou essayer...

bon! c'était quelques réflexions du dimanche

et ce matin, je notais, voici venu le temps de s'enfouir comme une graine dans de douces chaudes et moelleuses écharpes, y plonger le nez, humer le parfum ou les fibres séchées au grand vent, et ainsi profiter du vent, de sa force, de son énergie

bonne semaine

P1180624

 

( devant la Baie de Somme, côté St Valery décembre 2016)

Posté par kapal à 13:00 - Commentaires [14] - Permalien [#]

22 septembre 2019

LA JUBILATION DU PARTAGE

Il pleut. J'avais prévu une longue virée à bicyclette histoire d'évacuer les tensions et surtout pour le plaisir de pédaler.

Changement de programme.

Je lis, Un nouveau Christie Vanbremeersch " aujourd'hui je choisis la joie" et je jubile.

Je jubile car son écriture me fait du bien, je jubile car elle "donne envie" c'est comme une bonne copine qui pousse dans le dos dans les montées pour vous dire " allez zou on y va"

Et la jubilation ça se partage.

Alors voilà je monte à l'atelier " préparer Noël", ben oui, faut du temps pour façonner, lisser, fignoler, sécher, donner le temps au séchage de la terre, cuire, émailler, re-cuire, prendre compte des commandes

en bref pour créer de nouveaux bols-couples.

Voilà pourquoi j'y vais

bon dimanche et vous, ça jubile en partage?

 

P1170774

 

Posté par kapal à 16:26 - Commentaires [14] - Permalien [#]